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Notre auteur Jean-Jacques Seymour s’en est allé

Jean-Jacques s’en est allé la nuit dernière à l’âge de 74 ans, après une longue maladie.

C'était un journaliste, un interviewer, un orateur et un écrivain hors pair, incisif tout en restant résolument humain et respectueux. Se saisissant de vrais sujets, jamais résigné à "laisser passer" l'injustice ou les abus où qu'ils puissent avoir lieu sur la planète. Parmi ses derniers sujets d'étude et de préoccupation, il y avait la situation catastrophique vécue par le peuple haïtien.


Né en 1949, ce métisse agénois-guadeloupéen, à la posture toujours accueillante mais exigeante, avait fait ses études à Science Po Toulouse, puis avait embrassé une carrière journalistique tout à fait exceptionnelle. Pionnier de la radio dans les Caraïbes sur Radio Jumbo notamment, il a travaillé ou dirigé de nombreux médias. Pour n’en citer que quelques-uns : RCI, Radio Fusion, TCI, Kankan Infos, Canal3monde (en responsabilité Monde à destination de l’Afrique et des États-Unis), Tropiques FM, Amina, Om5Tv ou Globe Radio (qu’il a fondé en 2019 alors qu’il aurait pu choisir de se lover dans une retraite bien méritée.) Il menait ses interviews sans langue de bois, fut-il face à des présidents, des ministres ou d'autres leaders du monde politique ou économique. Un journaliste, un vrai. Sans compromis, sans imposture.


On lui doit aussi plusieurs ouvrages notamment Une obsession nommée Hugo (pour Chavez) (Editions Menaibuc), Les chemins des proies. Une histoire de la flibuste, La Caraïbe face à la mondialisation ( Ibis rouge éditions) ou encore Cuba, l’odyssée médicale son dernier ouvrage publié dans notre maison d’édition Owen Publishing (alors qu'elle était tout juste âgée de deux ans) et pour lequel il avait reçu le Prix d'excellence APTOM Plume antillaise et d'ailleurs. Encore merci pour sa confiance et son appui sans faille à notre projet éditorial, dès le début.


Malgré son cœur malade depuis plusieurs années, coiffé de chapeaux ou de casquettes qui lui donnaient un style inimitable, il n'a jamais cessé d'agir, de parler et d'écrire, maitrisant le fond comme la forme, et présentant les faits à la manière d'uppercut. Sa dernière phrase au téléphone à quelques jours du grand départ, alors qu’il voulait encore que nous échangions sur les corrections à apporter à son prochain livre sur Haïti et que je lui disais “oui, mais surtout comment tu vas ? ”, il répondait avec une vivante détermination : "je me bats". C’était tout à fait dans son caractère : un battant qui ne lâchait pas, jusqu’au bout, jusqu’au dernier souffle possible. Se résigner ? Impossible. Se taire, alors que le monde se transforme en poudrière ? Impensable. Rester sans voix et sans agir ? Sûrement pas.


Jean-Jacques, tu as été et tu resteras une source d’inspiration et un modèle d’intégrité et d’humilité pour toutes celles et ceux qui ont eu la chance de te rencontrer. Combattant avec les mots que tu savais utiles et utiliser toujours à bon escient, sur papier, en télé ou en radio, tu vas énormément nous manquer. Mais nous continuerons à maintenir tes paroles et tes luttes vivantes, car ainsi demeure la magie éternelle des livres écrits par les grands humanistes.


Nos pensées à ta famille, à ceux qui, comme nous, t’aiment d'un amour sincère, et surtout à ta femme, notre Claudine, si lourdement éprouvée en cette annus horribilis 2023.


Michelle Jean-Baptiste








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